samedi 12 avril 2014

Konacha

Ce matin, emmanchant sa guitare, ma douce mie, chante à mon oreille :

Are you going to St Médard fair ?
Parsley, sage, sencha and thyme !
Remenber me to Nakao and Arnaud
They once had a good shop there
Parsley, sage, gyokuro and thyme.


Et donc, enfourchant mon fière destrier,
A la foire de St Médard, je suis allé,
Arnaud et Nakao ai rencontré
Avec eux ai longuement conversé,
Je leur ai acheté du konacha
Ce sont 3 madeleines au matcha
Qu'ils m'ont offert avec ca.

Arigato.



C'est un konacha de Yame (ils ne vendent que des thés de Yame). Le konacha est un mélange de brisures de sencha et de bourgeons. Il est très, très, très, trèèèès brisé.
   
Arnaud nous dit qu'au Japon, il est traditionnel d'offrir un konacha à la fin du repas dans les restaurants à sushi.
  
Il conseille de l'infuser 1 minute à 1 minute 30s. Mais le découvrant si brisé, nous décidons de l'infuser moins dans un filtre (chaussette) offert spécialement pour cet usage.
Le thé sec a une odeur d'herbe (de pelouse), d'épinards, une odeur fraîche légèrement citronnée. Si vous avez déjà mis du citron sur votre pelouse 1/ vous êtes fous 2/ vous voyez de quoi je parle (enfin, je crois).
   
Chaud, le konacha a l'odeur de l'herbe humide et citronnée.
La liqueur est claire, brillante (le thé a été filtré).
En bouche, après une infusion de 30 s à 70°C, le gout est léger, citronnée mais aussi beurrée. En deuxième infusion (1 minutes), le thé développe un peu d'umami, sinon, il est sur les mêmes notes.
 

Conclusion :
A refaire en l'infusant plus longtemps, cad en suivant les conseils du vendeur!!


Un article plus complet sur ce qu' est le konacha : http://www.hibiki-an.com/sp/contents.php/cnID/56



[Edit du 14 avril 2014]

Voici ce que Florent Weugue nous en apprend ensuite : 
" Un konacha s'infuse en principe dans une passoire (il existe des passoires dédiées en bambou, mais une petite passoire à thé en inox fait aussi bien sinon mieux l'affaire), on verse l'eau chaude au-dessus qui s'écoule dans la tasse en dessous (très rapide et simple, suffisamment fort, c'est pour cela que l'on s'en sert dans les resto de sushi, enfin qu'on s'en servait, aujourd'hui 99% des resto de sushi utilisent de l’instantanée). A défaut en théière se sera plutôt quelques secondes d'infusions. La photo sur le site ressemble plutôt à un autre "demono", le mecha (d'ailleurs, "bud-tea", traduit littéralement veux bien dire "mecha" 芽茶), qui est en effet composé de brisures de feuilles et de bourgeons (bud, ou me) alors que le konacha (kona = poudre) est vraiment plus fin encore.L'un et l'autre, comme le kukicha, son issu du trie lors de la phase de finition d'un thé, sencha ou gyokuro par exemple. Sorte de recyclage en quelque sorte. "

 
 Nous essayons donc cette technique. C'est différent. Le thé est plus fort et nous convient mieux. Amusant de voir que si rapidement ça donne quelque chose !



Patrick

mercredi 19 mars 2014

Sencha de Mariko, cultivar Kondo-wase, prtps 2013



Parmi le peu de sencha que j’ai eu l’occasion de goûter, celui que je préfère (mis à part le, mythique et introuvable, sencha que j’ai eu l’occasion de boire lors d’une dégustation organisée par un pro), celui que je déguste en écrivant ces mots en ce mercredi après-midi ensoleillé, est un Sencha de Mariko cultivar Kondo-wase.

Les aiguilles de ce thé sont très jolies, longues, effilées, d’un brillant vert sombre (et quelques brisures... c’est la fin du paquet, snif !). Mais ce n’est pas là ce qui fait sa particularité car c’est le cas d’autres futsumushi. La différence avec les autres sencha commence à se jouer sur le parfum des feuilles sèches : fruit sec, un peu comme de l’amande, et des petites fleurs discrètes, comme des fleurs de prairie, qui viennent égayer ce panier d’amande de leurs petites tâches jaunes. Une odeur appétissante.

Pour cette dégustation mon petit shibo est évidemment de la partie. De l’eau pas trop chaude... ni trop froide ! Comme pour le dosage, le temps des infusions est indéterminé, je fais ça au pif, c’est le cas de le dire car c’est au parfum que je juge le moment d’arrêter. Je viens de me verser ma troisième infu’, avec un temps déjà bien plus long (je dirais 2min environ)... Oups ! Mais comme j’avais laissé l’eau un peu trop refroidir auparavant, ce n’est pas bien grave.  C’est ça d’écrire en buvant du thé, on n’est pas à ce qu’on fait. Bien que la liqueur soit presque froide, les arômes sont toujours présents...et plaisants.

Dans la liqueur, c’est la fleur qui prend nettement le dessus, sans être écrasante. Le fruit sec, qui passe de l’amande à la noisette, se démène pour soutenir de son mieux toutes ces fleurs, non opulentes, ce sont plutôt des fleurs blanches et toujours quelques petites fleurs des prés. Un bouquet élégant, simple et raffiné.
Avec ce sencha, nous sommes dans de la douceur, il y a de la tendresse entre les fleurs et les fruits secs, ils s’entendent et se complètent pour livrer cette liqueur qui enchante les papilles et produit une jolie sensation durable dans la gorge. Sur la langue, c’est une histoire qui se prolonge longtemps, longtemps... Les papilles frémissent encore sous les caresses passées.

Cinq bonnes infusions pour cette session, c’est plus qu’honorable pour un sencha... et j'aurais peut-être pu le pousser un peu plus si je n'avais dû retourner bosser.

J’aurais aimé le tester également au zhong, j’imagine la fleur plus éclatante avec peut-être moins de douceur sur l’ensemble, mais... n’a p’us... La saison (très) prochaine ?

dimanche 2 mars 2014

Sencha de Hon.yama, Tôbettô, prtps 2013

D'autres photos de ce sencha en shibo en cliquant ici.
Après le Gaba Cha, j'ai eu envie de quelque chose de plus sec, de plus vert, de casser cette sensation sucrée (pour mieux y revenir plus tard!). J'ai donc choisi le Tobetto Hon.Yama (futsu) préparé dans mon petit shibo (oui, petit avec ses 80ml mais parfait pour moi!). Je crois que c'est la première fois que j'apprécie vraiment ce sencha. 
Qu'est-ce qui a changé? Moi, avec un peu plus d'expérience avec les thés japonais, mon shibo qui a bien travaillé et commence à se culotter un peu, peut-être aussi le thé qui a un peu vieilli entre temps... Bref, son amertume florale très présente et ses notes fraîches, herbacées (herbes de printemps sous la rosée matinale, herbes arrachées), me plaisent malgré son manque de douceur, son côté assez... raide, sec, tranchant comme un sabre de samouraï! C'est pile-poile ce dont j'avais besoin ce matin.  


[2013, Sencha de Hon.yama Tamakawa Tôbettô (cultivars Yabukita & Ômune), Thés du Japon]