jeudi 31 octobre 2013

Chung Xiang Impérial

L'avis de Ségolène:
 
Aujourd'hui, nous avons dégusté un wulong tout à fait... étrange. Le Chung Xiang (醇香).

Malheureusement, je n'ai pas de photos à vous proposer, il fait trop sombre dans notre nouvel appart', je n'ai plus trop le cœur à prendre des photos (surtout que je déteste le flash).

Sachez seulement que c'est, pour celui que nous avons testé en tout cas, un wulong aux feuilles grossièrement roulées en perles (très, très irrégulières) avec de petits bouts de bois ici et là, et dont la couleur présente différents tons de kaki grisâtre et quelques rares touches de brun.

Mais de toute façon, ce n'est pas l'aspect qui m'a le plus surprise, ce sont le parfum et les arômes. 
 
Les feuilles sèches dégagent un parfum comme alcoolisé et de puissantes notes de caramel, de lait et de vanille. On les retrouve en bouche avec vraiment un effet de "liqueur alcoolique" très sucre vanillé caramélisé et mélangée à du lait... mais il est tourné ce lait! Personnellement, je l'ai trouvé très désagréable, pas naturel du tout, un peu comme un Nai Xiang, ou milky oolong, dont les arômes sont boostés à la vapeur de lait (ou autres ajouts) mais, ici, c'est bien pire. En fait, le milky oolong aussi finit par avoir un goût de lait tourné en vieillissant. Il y a peut-être eu le même problème ici. Possiblement dû au procédé de fabrication.

Patrick me dit que ça lui fait penser à du "Baileys". Moi, je ne bois pas d'alcool, donc je ne peux pas dire, mais je doute qu'ils fassent cet alcool avec de la crème périmée depuis des siècles!
 
Franchement, je n'ai pas pu tenir plus de deux infusions. Je n'aime absolument pas. Je n'ai donc pas désiré le pousser pour tester jusqu'à combien d'infusions il pouvait tenir. 
 
   
L'avis de Patrick:
 
C'est assez déconcertant. Il a un côté très confiserie "caramel au lait" qui évolue vers le Bailey's. C'est pas désagréable mais très étrange. Après la deuxième infusion, il ressemblait à une imitation de Bailey's càd non pas de la crème mélangée à du whisky mais mêlée à un alcool grossièrement distillée..

Bref, je ne le recommande pas vraiment.
 
 ---
 
Connaissez-vous ce wulong? Qu'en pensez-vous?
Même les avis différents sont bienvenus. Tous les goûts sont dans la nature. ;) 

lundi 12 août 2013

Shiguping Wulong non torréfié, de Camellia Sinensis



Dégustation en petit zhong (gaiwan), environ 3g de feuilles.


Feuilles sèches

Aspect : Feuilles torsadées, d’un vert  très foncé avec quelques touches plus claires pour certaines feuilles.

Nez : Parfum chaud et gourmand tirant vers le pain d’épice… très alléchant.



Liqueur

Aspect : Jaune orangé, limpide.

Nez : Toujours pâtissier, un peu épicé et fortement miellé, très légèrement fruité.

Bouche : Très différente en bouche, par rapport aux parfums dégagés, la liqueur dégage principalement des arômes floraux qui s'accompagnent de tendres notes végétales. J’y retrouve cependant ce soupçon d’épices douces sentie précédemment. Je note également une pointe d’acidité ainsi qu’une amertume, qui se joignent pour porter un arôme m’évoquant  l’orange, voire l’orange confite.
Un thé qui reste peu présent en bouche après son passage… Oui, je le trouve un peu court, surtout comparé à ses congénères, torréfiés ou non.

Infusion

Aspect : Jolies feuilles entières, essentiellement vertes avec quelques touches de brun sur les bords de certaines. Présence de quelques tiges.

Nez : Je retrouve le parfum de pain d’épice senti dans les feuilles sèches mais dans une version plus fruité.






Conclusion

Un bon thé qui, par ses aspects peu oxydé et non torréfié, ce qui préserve et met en valeur ses arômes floraux et végétaux, me fait étrangement beaucoup plus penser à un Bao Zhong qu’à un Feng Huang Dan Cong…

 S.

jeudi 8 novembre 2012

"Le Tao de Pooh" de Benjamin Hoff

Winnie the Pooh, c'est le célèbre Winnie l'Ourson, cet adorable petit ours qui vagabonde ici et là en posant des questions idiotes et traverse toutes sortes d'aventures sans jamais perdre ce bonheur naïf qui est le sien.
C'est donc en compagnie de Winnie, avec ses amis de toujours, Bourriquet qui se tourmente, Porcinet qui hésite, Coco Lapin qui calcule et Maître Hibou qui pontifie, que le lecteur trouve son chemin à travers les principes du taoïsme. Car les sages sont des Enfants-Qui-Savent. Qui savent quoi ? Lisez ce livre et vous le saurez. Et peut-être votre vie en sera-t-elle changée.


En chacun de nous sommeillent un Maître Hibou, un Coco Lapin, un Bourriquet, et un Pooh. Si nous étions malins, nous choisirions la Voie de Pooh. Comme venant de loin, elle nous interpelle, réveillant en nous l'esprit de l'enfant. Elle est peut-être parfois difficile à entendre, mais elle est importante, parce que sans elle nous ne parviendrions jamais à trouver notre chemin à travers la Forêt.

 

Cet étonnant petit livre nous délivre les secrets d'un bonheur simple, celui de Winnie the Pooh (Winnie l'ouson, en France) qui, sans le savoir, applique, et même incarne ici, les principes du taoïsme. Illustré d'exemples clairs et compréhensibles par tout un chacun, grâce aux interventions du candide et toujours joyeux petit ourson qui pose des questions apparemment idiotes à l'auteur, cet ouvrage nous propose une voie toute en simplicité pour découvrir les principes du taoïsme.


Les dialogues entre Pooh et l'auteur sont drôles, légers... savoureux comme du bon miel ! Je vous défie de ne pas sourire en les parcourant. D'ailleurs, voici comment commence l'avant-propos :

"Qu'est-ce que tu es en train d'écrire ?" demanda Pooh, grimpant sur ma table de travail. "Le Tao de Pooh", répondis-je. "Le comment de Pooh ?" s'exclama-t-il, faisant une trace sur un des mots que je venais d'écrire. "Le Tao de Pooh", répétai-je en repoussant sa patte avec mon stylo. "Cela ressemble plus au Oh ! de Pooh", dit Pooh, frictionnant sa patte. "Eh bien, ça ne l'est pas", répondis-je avec humeur. "Et de quoi est-ce que cela parle ?" demanda Pooh en se penchant en avant et en faisant à nouveau une traînée sur un autre mot. "Cela parle de comment rester serein et garder son calme en toute circonstance !" hurlai-je. "L'as-tu lu ?" demanda Pooh.

Décidément, cet ourson est plein de sagesse...

Il a déjà compris, mais sans jamais le formuler ou l'analyser, la clé de la sagesse taoïste. Pooh ne calcule pas, n'hésite pas, ne se tourmente pas... Bref, il ne se prend pas la tête, il EST tout simplement, tout naturellement, intuitivement. 

Pooh est incapable de nous expliquer ce qu'est le Bloc de Bois Brut avec des mots, simplement parce qu'il est cela. Telle est la nature du Bloc de Bois Brut.

Voici également un extrait pour vous aider à comprendre d'où vient cette expression de Bloc de Bois Brut, "P'o" - quelle coïncidence! - en chinois :
Ainsi, à partir des termes "arbre croissant en fourré" ou "bois non coupé", on a forgé le sens de "choses dans leur état naturel" - c'est ce que signifie, dans les versions occidentales des textes taoïstes, la traduction "Bloc de Bois Brut".

Vous l'aurez compris, en compagnie de Pooh, le taoïsme c'est enfantin ! Mais attention, l'auteur s'adresse bien à un public adulte (également tout à fait à la portée d'un adolescent).

Un excellent petit livre pour aborder, en toute simplicité et avec facilité, les notions essentielles du taoïsme. Je vous le conseille chaleureusement.

Une ancienne maxime taoïste dit : "Un voyage de mille lieues commence par un seul pas", ce modeste livre constitue un joyeux premier pas pour qui veut bien suivre la Voie de Pooh !

jeudi 1 novembre 2012

"L'Art d'Asie : Chine, Corée, Japon" de Stefano Vecchia

L'Art d'Asie : Chine, Corée, Japon de Stefano Vecchia, dans la collection Génie de l'art aux éditions Place des Victoires.  

La Chine, de par l'ancienneté et le caractère exceptionnel de ses manifestations artistiques, a marqué les territoires soumis à son influence culturelle, voire à sa domination politique. Le Japon et la Corée ont néanmoins su assimiler et réélaborer ces influences. Le bouddhisme, mêlé aux prariques religieuses autochtones - taoïsme et culte des ancêtres en Chine, shintoïsme au Japon et chamanisme en Corée -, a également laissé une forte empreinte sur les traditions artistiques de cette région. La céramique, la porcelaine, la peinture et l'art du laque atteignent un niveau de raffinement incomparable.

Un glossaire, un point sur les dynasties chinoises et un focus sur la calligraphie complètent ce volume.

"Génie de l'art", une collection essentielle pour appréhender les grands mouvements artistiques, une encyclopédie visuelle à la portée de tous.
 
Cet ouvrage est une ressource photographique sur les arts asiatiques. Les oeuvres sont présentées en deux ou trois chapitres par pays - Chine, Japon et Corée. Il y a très peu de texte mais celui-ci va à l'essentiel : une brève introduction pour chaque chapitre resituant la période historique concernée, et quelques phrases explicatives qui ponctuent l'ouvrage en apportant des renseignements utiles, bien que particulièrement succincts (trop?), à la compréhension des arts asiatiques et à leur évolution.  Comme ce court passage sur le jade dans le chapitre 1-CHINE Mille royaumes à l'aube de l'histoire :
 
Le jade (Yu) joue un rôle très particulier dans la tradition chinoise. Relié à l'idée de beauté, de pureté et de quelque chose de précieux, il est employé dès le cinquième millénaire avant Jésus-Christ aussi bien dans le domaine rituel, qu'artisanal et artistique.

Des cartes nous restituent le découpage de ces pays au cours de l'histoire. Pour la Chine, nous bénéficions même d'une chronologie illustrées des différentes dynasties.
 
Ce livre est d'une grande richesse iconographique, les photographies y sont superbes et les sujets variés : architecture, sculpture, artisanat, peinture... C'est magnifique et cela constitue une intéressante première approche, ou un bref récapitulatif visuel pour ceux qui connaissent déjà, de l'histoire des arts asiatiques.
 
Pour approfondir les notions abordées ici, il y a d'autres ouvrages bien plus précis, le plus complet que je connaisse actuellement étant Les Arts de l'Asie Orientale aux mêmes éditions (mais il est très encombrant et sa manipulation peu aisée... on ne peut pas tout avoir!).