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lundi 16 mai 2016

Dragon rouge...

Le chaxi monochrome de ce soir m'a été inspiré par mon envie de grignoter quelques petites tomates.
Une petite lecture détente s'est naturellement invitée à cette table. J'ouvre le livre, déjà lu il y a un bon moment, à une page au hasard et tombe sur ces mots qui siéent si bien à ce chaxi, où le zhong/gaiwan, symbolisant l'union du ciel, de l'être humain et de la terre, est l'élément principal. Ce dernier vers, surtout, correspond admirablement à une certaine philosophie du thé, lien naturel entre les éléments et nous-mêmes.
Quant au dragon, il est doublement présent car dessiné sur l'une des boîtes (illustration créée par Nancy Peña, dont j'ai beaucoup aimé l'univers onirique de sa BD "Le chat du kimono"... puis de ses suites) ;   le thé contenu dans la seconde boîte, et qui se retrouve aussi dans le zhong, est le Golden Dragon Gold Medal Competition Jin Xuan, un thé rouge, évidemment. Enjoy!


dimanche 5 juillet 2015

Temps passé et présent...


J'infuse  un thé vert mao feng, léger et doux (un peu sucré), sur de discrètes notes végétales avec une fraîcheur d'herbes aromatiques qui semble parfois presque florale (m'évoque la Provence... lavande ? peut-être, mais en une version très subtile).

Je regarde les feuilles s'ouvrir et s'épanouir, sembler revenir à la vie, comme si elles étaient encore fraîches sur leur branche. Avec elles, je remonte le temps...

  Yan Ch'iu demanda à maître Kong : "Est-il possible de savoir quelque chose à propos du temps avant que le ciel et la terre n'existent ?"
  Maître Kong répondit : "Bien sûr. Le passé infuse au sein même du présent."
 (Chuang Tzu, Tao : l'accord au monde, éd. Moundarren)


Bon dimanche et bonnes dégustations à tous !

samedi 27 juin 2015

Le ciel et la terre...

Gandhi à dit :

Le ciel et la terre sont en nous. *

Rien de plus vrai qu'en buvant du thé !

Le thé dont les feuilles contiennent, par leur essence-même, le ciel et la terre dont elles se sont nourries. Et leur liqueur à son tour nous relie aux éléments...
 





(* "Paroles des Sages de l'Inde", textes présentés par Marc de Smedt)

dimanche 14 juin 2015

"Brouillard sur le Pavillon Haut"

Dimanche, 4h du mat'. Insomnie. Je fais bouillir de l'eau, saisi un livre. Tiens, pourquoi pas ce recueil de poèmes d'inspiration chinoise que je viens de recevoir ? Je choisis ce thé jaune que j'aime tant, Huo Shan Huang Ya. J'en garnis généreusement la théière noire en terre crue qui contraste avec la tasse de porcelaine blanche déposée juste à son côté. Yin et Yang... L'eau est chaude. J'arrose délicatement les feuilles. En quelques brefs instants la liqueur est versée dans la tasse. Je m'installe.

"L'épaisseur de bruits ordinaires" forme un silence rassurant. Déjà les mots résonnent en moi...

Je ne dormais ni ne veillais,
suspendu le moi qui songe
à autre chose que soi-même,
et ne se rappelle plus quoi.

Temps suspendu de la poésie, le temps vivant et calme du thé. Dans les voiles légers de la nuit , je vois le temps. Passé, présent, à venir. Je vois tous les temps dans cet instant...

Je voyais la ronde
des poussières sous mes doigts,
pensais :
"Si tu sais regarder
à l'intérieur,
c'est tout le paysage
qui s'élargit
aux quatre coins des perspectives.
Le passé est là tout entier
qui se dépose autour de toi,
chaque particule,
l'éclat d'une vie qui
passa la frontière invisible
en un lointain jadis.
Le monde est en train de passer en toi.

Echos. Le thé s’écoule en moi. Les pages entre mes doigts. Evocation de l'arbre, de la vie... de ce qui nous relie dans l'éternité et dans l'éphémère. Impermanence. Transformation.

quand l'arbre s'introduisait dans la chambre,
poussant ses branches jusqu'à nous toucher,
et que j'ouvrais le livre

Ces feuilles de thé, hier arbre, sont aujourd'hui liqueur qui abreuve mon corps et mon cœur. Ces feuilles de papier entre mes mains, hier arbre, sont aujourd'hui des pages qui portent ces mots, instantanés de vie et paysages révélés. Intériorité et monde extérieur unis.


Des paroles fracassantes

traceraient sur les pages

la pureté des leurs signes,

se formeraient des paysages,

ondoiements

intacts et anciens.

Une bulle de silence heureux

alors
 s’évaderait par la fenêtre.




La fenêtre est ouverte. Le silence est feutré. Je feuillette ce livre "quand, entre les lignes, ces voix..." Ces voies venues de Chine. Celle des peintures de style chinois, signées de l'auteur, qui illustrent cet ouvrage. Celle des sinogrammes qui en ponctuent les pages. Celle de la poésie des lettrés dont ces poèmes sont imprégnés. Celle de la calligraphie dont en voici l'esprit :

Du pavillon où nous arrivions,
il ne restait plus,
à pinceau levé,
qu'un seul trait,
ébauché
comme on fait un signe.

Des voix venues de Chine, des voies qui n'en font qu'une. Unies en un trait de pinceaux. Cette voie, la Voie, sagesse fondatrice de la pensée chinoise. C'est en suivant cette voie que nous pénétrons enfin dans le pavillon chinois.

Les tasses de thé se suivent et ne se ressemblent pas. Les pages se tournent dans des songes d'ailleurs. Le thé et les mots réunis me transportent. Cette poésie m'accompagne jusqu'au petit matin. Les premières lueurs du jour me découvrent rêveuse dans les brouillards de Chine. Ce brouillard qui couvrent les jardins de thé des hautes montagnes. Ce poétique Brouillard sur le Pavillon Haut.

[...] les brouillards, les murmures
qui hantent là-haut,
tout en haut sur les sommets,
ledit Pavillon Haut.

 ~ * ~

Brouillard sur le pavillon haut  de
Hispaniste, auteur de deux romans (Mélancolie au Sud, 2004, et Esplanade Avenue, 2010), Annick Le Scoëzec Masson a d'abord publié Suite indienne (2001), poèmes où se mêlent évocations du Nord de l'Inde et scènes librement inspirées de miniatures mogholes.

Dans Brouillard sur le Pavillon Haut, la référence à la poésie et à la peinture de la Chine classique alterne avec les instantanés d'un séjour à Shanghaï et à Pékin à l'aube du XXIe siècle.

C'est grâce à l'opération Masse critique que j'ai reçu ce livre. Merci  à la maison d'édition et à Babelio pour cette charmante découverte. Je suis ravie. Un seul regret, les peintures ne sont vraiment pas mises en valeur.


lundi 25 mai 2015

De la gastronomie à la méditation, avec François Cheng

    L'admiration, chez moi, n'est pas un processus très fréquent. Comme Cioran, il faudrait que je me prête à des exercices d'admiration. Pourtant, il existe bien un homme que j'admire et dont je suis les écrits depuis plusieurs années, depuis ma lecture de son grand roman Le Dit de Tianyi, réellement bouleversant, qui m'a ouvert sur un nouveau monde et une nouvelle esthétique. Cet homme, c'est François Cheng, académicien Français d'origine chinoise, homme de double culture mais surtout passeur de culture. Il a traduit et transmis l'esthétique chinoise, qu'elle s'exprime en poésie ou en peinture, avec une très grande sensibilité.

    Il a une attention aux choses et aux gens qui se sent même par le biais du livre ou de la radio. Il exprime au monde sa gratitude d'exister, ce qui façonne cette attention profonde et une humilité sincère. Voilà quelqu'un qui nous fait grandir, qui nous fait nous élever à l'entendre ou à le lire.

    Avant de réellement découvrir la peinture et la poésie chinoises, c'est par le thé que je me suis ouvert à l'esthétique de ce pays. C'est par le thé que je crois ressentir les préceptes du taoïsme. Préceptes dont François Cheng explique comment ils irriguent la pensée et l'art chinois. Je rêve d'une conversation autour d'un thé avec ce grand auteur.

    Son dernier livre, qui vient de paraître, est un recueil d'entretiens avec Françoise Siri, d'abord retransmis sur France Culture cet automne. Dans un des cinq entretiens, il raconte comment la découverte de la patisserie occidentale fut une première porte vers cet ailleurs qu'était alors pour lui l'Occident. Il faut lire avec quelle délicatesse il rend compte d'une expérience simple, celle de manger un macaron. Et ce n'est plus une simple dégustation de macaron, c'est une attention au monde, comme une méditation pour reprendre l'exclamation de Françoise Siri :


Entretiens avec Françoise Siri, p.88 sq

"F.Cheng : Comme son nom l'indique, ce macaron [Ispahan] est au parfum de rose, tandis que la couche intermédiaire qui sépare les deux parties est faite d'essence de litchi. Dans ce macaron, comme dans d'autres, il y a une telle combinaison subtile et complexe, que, pour le déguster, on se doit de se mettre dans un état de concentration, voire de recueillement.

F.Siri : Comme dans les méditations !

F.C. : Je vais essayer de décrire un tout petit peu cela. Quand on mange un macaron de Pierre Hermé, toutes les facultés sensorielles sont sollicitées. D'abord, cette teinte de pastel si invitante, cette rondeur si conforme à la bouche... Une fois entre les dents, cette sensation tactile du croquant qui se fond dans le moelleux. Puis se répandent dans la bouche une succession de saveurs et de fragrances qui s'entraînent les unes les autres, se répondent les unes les autres, s'interpénètrent en un tout à la fois caressant et vivace, sans que jamais le sucré ne vienne le gâter. Puis ce tout se déplace vers l'arrière du palais, se transmuant en un arrière-goût où, pendant un instant, les premières saveurs et fragrances semblent revenir, mais cette fois-ci quintessenciées en une sorte de résonance infinie."

    C'est cette attention, cet « état de concentration », qui pousse au « recueillement », à la sérénité, voire à la méditation. On est bien et pleinement au monde à ce moment là. Et le thé est un moyen d'atteindre cet état, un moyen qui serait également sa propre fin. 

    Tenter de rendre compte le plus sincèrement possible d'une dégustation de thé n'est donc pas une analyse froide, strictement intellectuelle, un exercice à vide, ou pire un exercice égotiste d'admiration de soi-même et de ses propres capacités. Déguster un thé, c'est plus que le boire, c'est être là, pleinement, dans l'instant simple mais concentré de l'action. 


    Déguster, analyser un thé, c'est rendre hommage à la beauté du monde.


Macarons d'Amour de chez David et
Dong Ding Deep Fired Deep Fermented de chez Hojo Tea



Patrick

jeudi 1 novembre 2012

"L'Art d'Asie : Chine, Corée, Japon" de Stefano Vecchia

L'Art d'Asie : Chine, Corée, Japon de Stefano Vecchia, dans la collection Génie de l'art aux éditions Place des Victoires.  

La Chine, de par l'ancienneté et le caractère exceptionnel de ses manifestations artistiques, a marqué les territoires soumis à son influence culturelle, voire à sa domination politique. Le Japon et la Corée ont néanmoins su assimiler et réélaborer ces influences. Le bouddhisme, mêlé aux prariques religieuses autochtones - taoïsme et culte des ancêtres en Chine, shintoïsme au Japon et chamanisme en Corée -, a également laissé une forte empreinte sur les traditions artistiques de cette région. La céramique, la porcelaine, la peinture et l'art du laque atteignent un niveau de raffinement incomparable.

Un glossaire, un point sur les dynasties chinoises et un focus sur la calligraphie complètent ce volume.

"Génie de l'art", une collection essentielle pour appréhender les grands mouvements artistiques, une encyclopédie visuelle à la portée de tous.
 
Cet ouvrage est une ressource photographique sur les arts asiatiques. Les oeuvres sont présentées en deux ou trois chapitres par pays - Chine, Japon et Corée. Il y a très peu de texte mais celui-ci va à l'essentiel : une brève introduction pour chaque chapitre resituant la période historique concernée, et quelques phrases explicatives qui ponctuent l'ouvrage en apportant des renseignements utiles, bien que particulièrement succincts (trop?), à la compréhension des arts asiatiques et à leur évolution.  Comme ce court passage sur le jade dans le chapitre 1-CHINE Mille royaumes à l'aube de l'histoire :
 
Le jade (Yu) joue un rôle très particulier dans la tradition chinoise. Relié à l'idée de beauté, de pureté et de quelque chose de précieux, il est employé dès le cinquième millénaire avant Jésus-Christ aussi bien dans le domaine rituel, qu'artisanal et artistique.

Des cartes nous restituent le découpage de ces pays au cours de l'histoire. Pour la Chine, nous bénéficions même d'une chronologie illustrées des différentes dynasties.
 
Ce livre est d'une grande richesse iconographique, les photographies y sont superbes et les sujets variés : architecture, sculpture, artisanat, peinture... C'est magnifique et cela constitue une intéressante première approche, ou un bref récapitulatif visuel pour ceux qui connaissent déjà, de l'histoire des arts asiatiques.
 
Pour approfondir les notions abordées ici, il y a d'autres ouvrages bien plus précis, le plus complet que je connaisse actuellement étant Les Arts de l'Asie Orientale aux mêmes éditions (mais il est très encombrant et sa manipulation peu aisée... on ne peut pas tout avoir!).

dimanche 16 septembre 2012

"Le fleuve jaune", Aldo Pavan

 
CE N'EST PAS SEULEMENT UN FLEUVE, C'EST UN DRAGON. Un dragon singulier cependant. Il en a tous les attributs mythologiques : un peu tigre, un peu lion, un peu serpent comme le veut la tradition chinoise. Mais c'est aussi une entité incontrôlable, totalement imprévisible, porteur d'inconnu pour l'avenir. Son nom : le fleuve Jaune, Huanghe en chinois. Sa queue repose sur le toit du monde, le haut plateau tibétain où il prend sa source. Sa gueule s'ouvre vers la mer Jaune et le golfe de Bohai, à son embouchure.

(Introduction, p.15) 



AVIS :

La Chine, ses paysages majestueux, ses peuples si variés, ses costumes, ses coutumes, ses traditions mais aussi sa modernité. Un voyage entre mythe et réalité le long du Huanghe, tout en magnifiques photos légendées (lieu, anecdote, aspect culturel, vie quotidienne...) et accompagnées, à chaque grande étape, de textes introductifs, plutôt poétiques.

Cet ouvrage constitue une première approche particulièrement séduisante et une vision très occidentale de cette Chine mystérieuse et haute en couleur, la Chine rêvée, sans doute un peu loin des réalités et des problèmes actuels de ce vaste pays, mais si belle et attirante...

Les photos sont absolument sublimes. Ne serait-ce rien que pour elles, ce livre mérite une belle place dans notre bibliothèque ! 



PRESENTATION DE L'EDITEUR :

LE FLEUVE JAUNE
L’ÂME DE LA CHINE
Ce n'est pas seulement un fleuve, c'est un dragon. Un peu tigre, un peu lion, un peu serpent comme le veut la tradition chinoise. Son nom : le fleuve Jaune, Huanghe en chinois. Sa queue repose sur le toit du monde, le haut plateau tibétain où il prend sa source. Sa gueule s'ouvre vers la mer Jaune, à son embouchure. Son dos s'arc-boute à travers les terres arides du désert et des steppes de Mongolie intérieure. Puis, il franchit le plateau de loess et accomplit une course exténuante, se frayant un chemin entre les villes trépidantes, les barrages qui freinent son cours, les champs en terrasse et les sites industriels. Ses eaux creusent des vallées profondes et se chargent de boues, des boues jaunes bien sûr, auxquelles il doit son nom. Chargé de sédiments, il irrigue les rizières, dispensant le précieux limon dans les champs. Et ce n'est pas tout : il abreuve 155 millions d'individus. Mesurant 4850 kilomètres de long, c'est le huitième fleuve du monde par sa longueur. Les Chinois le considèrent comme la "Mère de la Chine" : c'est en effet au fil de ses eaux que la civilisation des Han, l'ethnie dominante, est née. Ses rives ont vu s'établir des royaumes, prospérer des empires, chevaucher des armées d'envahisseurs. L'incroyable armée en terre cuite de Xi'an, retrouvée aux portes de Xi'an, en témoigne. Pourtant les Chinois ont aussi surnommé le fleuve Jaune "Le désespoir de la Chine". Ses crues fréquentes et catastrophiques sont un véritable fléau. Il y a plus de quatre mille ans, Yu le grand, empereur mythique, fondateur de l'hydraulique, déclarait déjà : "Tenir en respect le fleuve Jaune, c'est tenir la Chine".


jeudi 9 août 2012

Sur la plage abandonnée...

"Sur la plage abandonnée, coquillage et crustacés"... patatitatitataa...
En fait la plage n'a rien d'abandonnée, bien au contraire, il nous faudrait plutôt chanter: Sur la plage hyper-bondée, coquillage et... zhong de thé!

Notre zhong est voyageur dans l'âme, il veux expérimenter le monde. Avec André Gide ("Les nourritures terrestres"), il nous dit:

 « Il m’est égal de lire que les sables des plages sont chauds,
je veux que mes pieds nus le sentent.»

(Dommage pour lui, il n'a pas de pieds... En fait, heureusement pour lui car le sable est brûlant! Mais je m'égare.)


Il lui faut bien cela, au zhong, pour bien s'hydrater et se détendre: ciel bleu, soleil, mer et thé. Par contre, ça manque d'ombre et de fraîcheur, même sous l'abri de plage, le pauvre... et pauvre de nous!

Oui, pauvre de nous. Malheureusement pour nous et pour nos "cyberzamis", notre zhong étant nomade, entre ses sorties au parc, à la mer ou je ne sais où, nous sommes moins disponibles car obligés de le suivre partout pour veiller sur lui et son bien-être. Nous lui sommes dévoués mais, comme il nous mène la vie dure, pff!

Bref, nous vous demandons compréhension pour notre manque d'assiduité sur notre blog (et sur le Net en général, mais aussi dans la préparation de nos échantillons pour les échanges de thé) et, surtout, un peu de compassion devant notre martyr...
Mais quand est-ce que cela finira, c'est épuisant tant d'activités!

Bonnes vacances, bon été à tous... Et, n'oubliez pas, laissez vos zhongs libres d'aller où ils veulent!

dimanche 5 août 2012

Et si nous allions "pique-nithé"?


Nous profitons des jours de beau temps (donc pas aujourd'hui, malheureusement) pour "pique-nithé". Oui, je sais, ce mot n'existe pas mais pourtant nous le pratiquons. D'ailleurs, j'ai pris des photos lors de notre dernière expédition "prendre un thé en extérieur" (ce peux être une définition du mot "pique-nithé") afin de vous en expliquer le principe.


Tout d'abord, les fondamentaux, il nous faut donc impérativement du thé dans une petite boîte de préférence, du matériel pour l'infuser (zhong, théière, etc.), autant de tasses que de participants, un sac pour transporter tout le matériel et des torchons/serviettes qui nous servent à emballer nos porcelaines pour éviter la casse mais qui s'avèrent également utiles en tant que mini-nappes pour notre "pique-nithé". Quant à l'eau chaude nous la transportons dans un ou deux thermos, selon le temps que nous passons à l'extérieur. Ensuite, vous pouvez agrémenter cette base comme bon vous semble.

Ce jour-là, nous choisissons le Long Men Si Ji Chun de "Thés de Chine", un zhong suffisamment grand pour partager sont contenu entre nous deux, mais pas trop grand pour rester pratique et pour infuser correctement notre thé. Comme nous voulons en profiter un certain temps, nous prenons deux thermos d'eau bouillante (même si je n'en ai pris qu'un en photo, vous verrez l'autre une prochaine fois). Nous n'allons pas bien loin puisque notre destination du jour est "Le Parc Bordelais". Nous accompagnons ce moment de regards tendres, d'un peu de lecture...
...de quelques biscuits, d'un brin de conversation, de la prise de quelques photos et d'un subtil mélange de Yin et de Yang.

C'est avec bonheur que nous accueillons les amis et les curieux, ce jour là... un écureuil!


"Je remercie mère Nature
pour les nombreux phénomènes qu'elle nous offre"


(Kenneth Cook, "Le Koala tueur et autres histoires du bush", début de la première phrase de la nouvelle "La vie sexuelle des crocodiles". Cette histoire commence bien mais ça se corse ensuite... Ces nouvelles sont hyper-drôles!)

Bon été à tous!

jeudi 28 juin 2012

Vietnam - Blue Oolong Lotus de Theodor

Les magnifiques lotus dessinés par Chen Jiang Hong dans l'album jeunesse "Lian"

Lian sortant de la fleur de lotus - "Lian", Chen Jiang Hong
Si certains trouvent des petites filles dans des fleurs de lotus ("Lian" de Chen Jiang Hong, dédicacé à Francine, c'est dingue elle est partout la Nomade! ^_-), au Vietnam on y recueille parfois du thé. En effet, les vietnamiens savent depuis longtemps marier le thé au parfum suave du lotus. Une tradition élevée au rang d'art. A ce sujet, je vous conseille vivement de lire les articles suivants : "Le thé au lotus, le breuvage raffiné des Hanoiens" et "L'art de thé vietnamien", par exemple.

Après avoir évoqué cela, j'aurais pu également vous parler de design ("Thé et Lotus" par Maud Braghetti) ou du symbolisme du lotus, que l'on retrouve dans différentes cultures, notamment dans la culture et la poésie chinoises ("La fleur de lotus pour les chinois", "La Chine à double sens : le lotus"), dans des proverbes japonais ("Dire adieu au monde misérable, être assis sur un lotus, c'est un rêve de celui qui aime" -source ici) ou encore dans la littérature Hindoue ("Quiconque dans l'action dédie ses œuvres à l'Esprit Suprême, en écartant tout intérêt égoïste dans leur résultat, n'est pas plus atteint par le péché que la feuille de lotus n'est affectée par l'eau." Bhagavad-Gîtâ verset 5.10), ainsi que dans le bouddhisme où le lotus (Nelumbo nucifer), qui s'élève au dessus de la boue et possède des capacités autonettoyantes, donc n'est jamais souillé (grâce à "l'effet lotus" : les gouttes d'eau qui s'écoulent sur la rugosité nanométrique de la feuille emportent avec elles poussières et particules), représente la pureté et le détachement. (Oh! Un point! Profitons-en pour reprendre notre souffle après cette longue phrase.) 

Oui, j'aurais pu vous entretenir de tout cela, mais non, je n'en ferais rien. Ce n'est pas mon genre du tout de partir dans des digressions interminables. Je préfère faire preuve de rigueur et me centrer sur mon sujet, rester dans le cadre strict de la note de dégustation, sans autre bavardage somme toute inutile, car ce qui nous intéresse ici, en dehors du fait que dans le lotus tout se mange (ah! quand la gourmandise pointe le bout de son nez...), ce sont les parfums que confère le lotus à nos chères feuilles de thé. Donc je n'écrirais rien en dehors du thème principal de la note, très structurée, de dégustation du "Blue Oolong Lotus" de Theodor.
 (6,20 €/100g en sachet, c'est à la portée de toutes les bourses!)



Pour nous mettre en bouche, voici ce qui est écrit sur le site (où il est classé parmi les thés verts parfumés, il y a de quoi perdre le nord!) : 

"Un «Jardin retiré» dans la campagne vietnamienne d’une beauté extraordinaire. Il s’agit d’un Blue Oolong, un Wulong du Vietnam qui porte dans ses origines la protection évidente des cieux.
A l’instar de nombreux autres thés, nombreuses autres origines, le thé, les bourgeons sont récoltés dans les premières heures de la journée et préservés ainsi jusqu’au soir où ils sont déposés, poignée par poignée, dans chaque fleur de Lotus qui embellissent les lacs de la plantation.
Au matin, à la rosée, refermées sur elles-mêmes durant la nuit, les fleurs se redressent fièrement, et rendent aux cueilleurs le thé qui s’est ainsi laissé parfumer de leurs fragrances, après avoir été conservées comme un trésor. Délicat, long en bouche, d’une douceur absolue, ces parfums associés à la noblesse d’un Oolong offre un nectar que l’on se doit de déguster.

Tps d'infusion conseillé  : de 1.45min à 2.30 min avec une eau à 80°"

Poursuivons par la dégustation :
 [NB : Cliquer sur les photos pour les agrandir]
 
Les feuilles sèches, d'un vert très foncé un peu grisé, sont parsemées de nombreuses tiges de bois de couleur beige à brun clair. Leur parfum est particulièrement suave et me fait penser à des fruits exotiques.

J'effectue ma dégustation dans un petit zhong. Je dose mes feuilles comme pour un thé au jasmin ou un thé vert nature. Soit un fond de zhong ou une petite cuillère.

Afin de ne pas brûler les feuilles, sans sortir le thermomètre, je verse un peu d'eau fraiche dessus, juste un fond...
Puis j'ajoute l'eau chaude jusqu'à remplir le zhong. (D'ailleurs, savez-vous qu'on le nomme également, voire plus fréquemment, gaiwan?) A l'aide du couvercle, je m'amuse à faire danser les feuilles. C'est si captivant que j'en oublie de veiller au temps d'infusion! Rien de grave, je pense que ça reste (à peine) en dessous de la minute.
(Une autre photo se trouve par ici)

La liqueur, d'un beau orange, est un peu plus foncée que d'habitude avec ce thé (à cause du temps d'infusion plus long, évidemment). Les arômes en sont également un peu perturbés. Si j'y sens encore la douceur des fruits exotiques, une amertume plus florale paraît. Elle n'est pas désagréable et s'accompagne même d'une pointe de fraîcheur légèrement anisée. (L'anis que j'avais bien senti lors de la dégustation, en présence de Guillaume Leleu fondateur de la maison Theodor lui-même, mais que je ne retrouvais pas depuis. Je me demandais même si c'était bien le même thé que nous avions alors goûté, car il existe un autre thé au lotus, il me semble, chez Theodor... En fait, je me pose tout de même encore la question.)


  

Pour conclure cette petite fiche de dégustation, c'est un thé parfumé, tout à fait correct pour son prix, et qui a le mérite d'être bien agréable, avec beaucoup de douceur malgré l'amertume qui peux s'y faire sentir (si vous y êtes sensibles, il suffit de faire attention à la température de l'eau et au temps d'infusion et vous n'aurez que la douceur de ce thé). Le plus de ce thé, c'est vraiment le lotus. Il lui procure de savoureuses notes fruitées, des parfums exotiques propre à cette délicieuse fleur. Miam!!

(Un thé disponible chez Ailleurs à Bordeaux, place du Parlement à Bordeaux... Courrez y vite avant qu'il n'y en ait plus!)